Histoire de la ville Givenchy-lès-la-Bassée est situé sur le canal d’aire à La Bassée, autrefois appelé "Fossé des Crêtes le Comte", dont le creusement fut entrepris sous le règne de BAUDOUIN V, Comte de Flandre, vers 1054. Cet ouvrage devait permettre de fermer le comté par un retranchement, qui à partir de la mer se dirigeait vers St-Omer, Aire, St-Venant, Merville, Estaires, La Bassée, Berclau, et de là suivait la Deûle jusqu’à la Scarpe et l’Escaut.
Ce système de défense consistait à relier ensemble par un large fossé les diverses rivières qui pouvaient empêcher l’entrée du pays ; pour ce faire BAUDOUIN fit agrandir la petite rivière du Boulenrieu qui joignait la Scarpe à la Deûle et la fortifia d’une manière particulière. Ensuite, pour joindre la Deûle à la Lys, il fit creuser ce fossé qui partait de Berclau, passait par la Bassée et Cuinchy, traversait les marais de Festubert et de Violaines pour venir tomber au grand chemin d’Estaires, qu’il côtoyait jusque la Lys.

Givenchy-lès-la-Bassée tirerait son nom de JUVENTIATCUM qui figure dans un diplôme de 870 d’Hingmar, archevêque de Reims, au nombre des possessions de l’abbaye de St-Vaast. La seigneurie de Givenchy-lès-la-Bassée aurait été longtemps dans la famille de LA FOSSE.
Antoine de LA FOSSE, chevalier, seigneur de Givenchy-lès-la-Bassée décéda en 1555. Son fils fut tué, au cours d’une partie de chasse, par le seigneur de Violaines. Cette famille s’éteignit par une fille, Anne, Dame de Givenchy-lès-la-Bassée, mariée à Robert de LA TRAMERIE, seigneur du Forest d’Auby et gouverneur d’Aire.
La terre de Givenchy-lès-la-Bassée entre ainsi dans la famille de LA TRAMERIE vers 1600 où elle resta environ 100 ans. Il existe des lettres patentes du 13 Août 1684, contenant donation au profit du seigneur du Tillet, lieutenant d’une compagnie du Régiment Royal de la Marine, des terres et autres droits seigneuriaux de Givenchy-lès-la-Bassée.
L’abbaye de Marchiennes avait une maison seigneuriale au hameau de la rue d’Ouvert. Parmi les autres seigneurs figurant sur les états du vingtième de la Paroisse au XVIIème siècle, nous trouvons Mr de Villers au Tertre, Mr de Fouqières et Mr Brigode de Lille.

Il ne reste rien du château du bailliage de Lens. Le bénéfice allait à la collation de l’abbesse d’Etrun qui partageait la dîme avec un des seigneurs de la paroisse. La cure produisait environ 1800 litres.

Orthographes de la Commune

Par un courrier daté du 23 Septembre 1961, Monsieur le Préfet du Pas de Calais informait Monsieur le Maire de la Commune que « les deux orthographes GIVENCHY LES LA BASSEE et GIVENCHY LEZ LA BASSEE sont aussi correctes l’une que l’autre, et que l’adoption de l’une ou de l’autre n’est pas de nature à créer des confusions de noms entre les communes, puisqu’il s’agit d’une liaison entre deux noms ».

Toutefois, Monsieur le Préfet précise que « dans les documents administratifs généraux, et notamment ceux concernant le recensement de la population, seule l’orthographe GIVENCHY LES LA BASSEE sera retenue.
en 752 : JUVENCIACUM
en 866 : JUVENTIACUM
en 1155 : JUVENCI
en 1220 : GIEVENCHY
en 1250 : GEVENCI
en 1260 : GIVENCI
en 1429 : GIVENCHY-LÈS-LA-BASSEE

Guerres sur Givenchy

Histoire de la ville De par sa situation géographique, à la frontière entre le haut pays d’Artois, et le Bas-Pays des Flandres, GIVENCHY a beaucoup souffert des deux derniers conflits.
A chaque fois, le village fut le théâtre de combats sanglants.

Des témoignages d’Anciens, et le discours de Monsieur BUISINE, Maire de l’époque, lors de l’inauguration du Monument Anglais, en 1921, en présence du Lord Mayor de LIVERPOOL, ne laissent planer aucun doute sur l’importance et la violence des affrontements : « Il faut rappeler qu'en Septembre 1914, les habitants de la Commune, sous les rafales de mitraillettes n'eurent d'autre alternative que la fuite. Notre petite église avec sa tour carrée, construite en 1513, s'effondra le 11 octobre1914, sous la poussée des obus la traversant de part en part, et qui l’avaient transformée en une sorte de dentelle fragile.
L’incendie éclaire sinistrement de ses reflets la bataille qui s’acharne autour de ces ruines pour la possession du Bassin Minier ; position dernière que les Tommies et les poilus défendent avec une volonté désespérée. L’ennemi, replié dans les tranchées, restera là quatre longues années, avec des alternatives de victoires et de défaites. C’est la guerre souterraine, sournoise. En de nombreux endroits, la terre s’ouvre, engloutissant des compagnies entières dans ces entonnoirs, appelés cratères.
GIVENCHY est anéanti. Il ne reste plus aucun mur à plus de 80 cms de haut. Le sol est criblé de trous, d’amas de pierres
».

Après l’armistice, GIVENCHY renaît, les habitants reviennent, s’abritent dans des constructions de fortune, et commencent la reconstitution du village.